Finalement, le prix du gaz n'augmentera pas au 1er juillet

Contrairement à l'avis donné mardi par les experts, le gouvernement a rejeté toute hausse du prix du gaz, laquelle aurait dû être de 1,5 % au 1er juillet. Nouveau couac ou simple mise au point ?

Les tarifs du gaz restent en France un dossier éminemment politique. La preuve : le gouvernement a mis hier son veto à la proposition faite mardi par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) de relever de 1,5 % au 1er juillet la facture des particuliers. La CRE motivait son avis par la hausse des coûts d'entretien des canalisations.

Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, en charge de l'Energie, l'a juré hier. « Il n'y aura pas d'augmentation pour les particuliers », a-t-il martelé devant les députés.

Interrogé un peu plus tôt dans la journée, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, avait pourtant été moins catégorique. « Le gouvernement n'a pas encore statué sur cette proposition », a-t-il assuré au sortir du Conseil des ministres. En quelques heures, Matignon a donc tranché et donné un coup d'arrêt à la valse des étiquettes après les deux hausses de gaz de 4 % et de 5,5 % intervenues en janvier et en avril.

« La question du pouvoir d'achat a été prise en compte », a admis Luc Chatel. Et le secrétaire d'Etat à la Consommation de rappeler que les factures du gaz n'ont augmenté que de 9,5 % sur la période quand le pétrole, sur lequel le gaz est indexé, a flambé de plus de 50 %. De plus, l'instauration d'ici à la fin 2008 du tarif social du gaz devrait se traduire pour 750 000 familles modestes par une prime de 100 € par an.

Destinée à épargner le portefeuille des Français, la décision du gouvernement a « surpris » la CRE. La proposition du gendarme de l'énergie de relever de 5,6 % les tarifs d'utilisation du réseau de distribution payés par Gaz de France remonte en effet à fin février. Or, le gouvernement avait deux mois pour accepter ou refuser cette revalorisation qui devait se traduire par une hausse de 1,5 % de la facture payée par le client final.

« GDF va réclamer une hausse en juillet »

Tardif, le refus d'hier serait surtout contraire au droit. « L'article 7 alinéa 2 de la loi du 3 janvier 2003 fait obligation à GDF de répercuter l'ensemble de ses coûts », souligne-t-on à la CRE.

« En juillet, GDF va réclamer une hausse de 3 % à 4 % pour tenir compte des cours du pétrole. Le gouvernement ira-t-il à nouveau contre la loi en empêchant l'entreprise de répercuter ses coûts ? » s'interroge en outre un expert. Seule certitude : ce nouveau gel des tarifs « est une mauvaise nouvelle pour la concurrence », déplore Charles Beigbeder, PDG de Poweo, l'un des concurrents privés de GDF, obligé, lui, de facturer à ses clients le coût d'entretien des canalisations. Et les opérateurs alternatifs menacent déjà de porter l'affaire devant le Conseil d'Etat.

Source : Le Parisien

Commentaires

eZ Publish™ copyright © 1999-2009 eZ Systems AS