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La fusion entre GDF et Suez entre dans sa dernière ligne droite

La fusion entre les groupes d'énergie GDF et Suez va entrer dans sa dernière ligne droite, après avoir franchi lundi une étape indispensable avec l'avis, même négatif, du comité central d'entreprise (CCE) de Gaz de France.

Le CCE de GDF était la dernière instance du personnel qui devait rendre son avis sur le projet de fusion. Qu'il soit négatif ou positif, cet avis purement consultatif était nécessaire pour enclencher le processus de mariage, annoncé il y a plus de deux ans.

"Onze voix se sont exprimées sur vingt au sein du CCE. Toutes ont émis un avis négatif sur le projet de fusion. La CGT (9 voix) n'a pas pris part au vote", a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole de GDF.

Le secrétaire CGT du CCE, Eric Dulon, avait tenté la semaine dernière d'annuler cette réunion, au motif qu'il manquait d'informations. Mais le juge a rejeté vendredi le recours en référé de M. Dulon.

Gaz de France et Suez vont chacun réunir "prochainement" leur conseil d'administration (CA) pour signer le traité de fusion, qui sera la base constitutive du nouvel ensemble GDF Suez, selon GDF.Egalement joint par l'AFP, le groupe Suez n'était pas en mesure de répondre, tout comme les syndicats.

Le traité de fusion devra ensuite être validé par l'Autorité des marchés financiers (AMF) dans les 30 jours, avant d'être soumis au vote des actionnaires de chaque groupe, réunis en assemblée générale extraordinaire.

Annoncée par le gouvernement de Dominique de Villepin en février 2006, et objet de moult rebondissements, la fusion devait avoir lieu avant fin juin, selon les deux groupes. Mais leurs dirigeants n'excluaient pas ces derniers jours qu'elle soit décalée de quelques jours ou semaines.

Le mariage doit donner naissance à un nouveau géant mondial de l'énergie, dont le premier actionnaire sera l'Etat français, avec 35,6% du capital.

Une nouvelle version du projet avait été présentée début septembre au terme d'âpres négociations avec l'Elysée.

Elle prévoit l'échange d'une action Suez pour 0,9545 action GDF et, pour compenser la différence de valeur boursière entre les deux groupes, une mise en Bourse de la majorité du pôle environnement (activités eau et déchets) de Suez.

M. Mestrallet, sera le PDG du nouveau groupe, baptisé GDF Suez. Jean-François Cirelli, PDG de GDF, sera vice-président et directeur général délégué.

Les fiançailles ont connu de nombreux rebondissements. "Il n'y a pas de fusion qui ait dû passer autant d'obstacles", soulignait lundi dernier M. Cirelli.

Le projet de loi permettant la privatisation de GDF a donné lieu à un débat parlementaire particulièrement houleux, au cours duquel l'opposition de gauche avait déposé un nombre record d'amendements.

Fin novembre 2006, le Conseil constitutionnel avait validé la privatisation de GDF, mais précisé qu'elle ne pourrait pas intervenir avant le 1er juillet 2007, date de la libéralisation des marchés européens de l'énergie.

Le projet de fusion a été aussi l'objet d'une bataille juridique entre les syndicats de GDF et la direction, qui a entraîné à plusieurs reprises le report du calendrier.

La Commission européenne a posé de son côté des conditions, en demandant à Suez de céder Distrigaz (filiale gazière de Suez en Belgique) et à Gaz de France de céder sa part de 25% dans la SPE (deuxième électricien belge).

Suez et GDF ont annoncé samedi être respectivement en négociation exclusive avec le groupe pétrolier italien Eni et l'électricien français EDF.

Source : AFP

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